Là d’où l’on vient – Carte Postale #10

[Repost quasiment à l’identique de mon article du 9 octobre 2015]

Je viens d’une petite ville coincée entre la mer et la montagne, au nord d’une île de beauté …

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Il paraît que ce n’est qu’une ville de passage pour les touristes, qui débarquent au port et se dépêchent de rouler vers le sud ou de l’autre côté de l’île … Pourtant, pour moi, c’est bien plus qu’une ville de passage, c’est ma ville pour toujours …

Je connais chaque pavé irrégulier, chaque façade décrépie ou joliment recolorée du centre-ville, chaque arbre et statue de la place principale, et j’entends parfois dans ma tête le bruit du linge étendu entre deux immeubles dans les ruelles étroites, qui claque au vent, souvent présent par ici …

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J’y ai passé les dix-huit premières années de ma vie, en plein centre-ville, dans le même appartement, que mes parents habitent toujours, bien trop grand pour nous trois à l’époque et encore plus grand pour eux deux maintenant, mais je pense qu’ils ne le quitteront que par la force des choses …

J’ai arpenté mille fois le chemin de l’école primaire, puis du collège (très court chemin car juste en face de notre appartement), et enfin du lycée, et j’y ai vécu mes premiers émois amoureux, évidemment … Cette ville a contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui, avec cette particularité d’être insulaire, que les autres ne comprennent souvent pas, et aussi en sachant très tôt que j’allais forcément la quitter, car je n’avais pas de possibilités pour y suivre des études et encore moins pour y trouver du travail …

Cela fait déjà seize ans que je n’y vis plus, mais à chaque fois que l’avion amorce sa descente vers la piste, et que les roues se posent, mon cœur manque un battement : je sais que je suis chez moi.

Parfois, plus même que l’envie de voir mes parents, c’est une envie viscérale de me promener dans cette ville qui me prend aux tripes … Comme c’était le cas ces dernières semaines, car je n’y étais pas retournée depuis février (mes parents ont une maison de vacances plus au sud où nous allons l’été) …

J’y suis pour cinq jours avec mes asticots (j’ai survécu au voyage en avion seule avec un bébé et un deuzans !), et comme à chaque fois que je viens depuis sa naissance, mon plaisir est décuplé par la présence d’H., et maintenant de J., à mes côtés …

Que représentera cette ville pour eux ? Malheureusement, la réponse est évidente : cela dépendra du moment où mes parents disparaîtront … Si c’est encore dans longtemps, je n’ai aucun doute qu’ils y seront très attachés également, par contre, dans le cas contraire … je sais que je ne garderai pas l’appartement, alors nous n’aurons surement plus de pied à terre là-bas (à part mes parents, je n’ai pas de famille qui y vit) …

Au-delà de ces pensées morbides (désolée !), je trouve cette question de transmission intéressante : lorsqu’ils n’y ont jamais vécu, que devient pour nos enfants l’endroit où l’on a grandi ?

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11 réflexions sur “Là d’où l’on vient – Carte Postale #10

  1. Avant toute chose, tu es mon héroïne d’avoir pris l’avion avec tes deux loupiots (et d’avoir survécu !), whaou ! 🙂
    Je trouve ça déjà beau d’avoir une ville d’où tu viens, que tu connais par cœur, où tu as tous ces souvenirs.. je n’ai pas ça, ayant beaucoup déménagé dans mon enfance / adolescence, et je suis toujours prise au dépourvue quand on me demande d’où je viens… (maintenant j’ai une ville d’adoption où j’habite depuis 13 ans, ça va mieux !). Si tes enfants ont l’occasion d’y venir régulièrement, et pendant un certain temps, ils y feront leurs souvenirs, sinon tu les y emmèneras et ça sera pour eux la ville où leur maman a grandi, ça sera déjà fort pour eux !

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    1. Oui franchement l’aller et le retour se sont très bien passés, j’étais fière de mes loulous et de moi-même lol.
      Je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir grandi dans une seule et même ville (et dans le même appartement !) … Bon avec en plus la particularité de l’insularité et de la forte identité régionale, qui fait que j’ai quasiment tout le temps une réflexion (bonne ou moins bonne) quand je dis d’où je viens …

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  2. J’aime beaucoup ton article et cette question de la transmission. Sans être insulaire, je viens d’une ville très particulière par son architecture et son histoire. Comme toi, je savais que j’en partirai (pour les études ) mais j’avais le secret espoir d’y retourner ensuite. Ce ne sera pas le cas et même mes parents qui y sont pourtant tous les deux nés, en sont maintenant partis pour passer leur retraite sous des cieux plus bleus (pas loin de chez toi). Depuis, ma ville me manque cruellement. Je sais donc ce que tu ressens quand tu décris l’envie viscérale d’arpenter les rues de ta ville !
    J’y retourne ce Noël : mes parents ont loué une villa pour toute la famille pendant une semaine. J’appréhende presque la douleur que je ressentirai quand il faudra de nouveau la quitter..
    Des bisous douce Marie !😉

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    1. Ah je suis curieuse de savoir quelle est cette ville mystérieuse !
      C’est super que vous y retourniez tous pour Noël … Ne pense pas à la douleur, pense d’abord au bonheur de la retrouver pour quelques instants … ❤
      Bises ma belle.

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      1. Tu as une adresse mail ? Je peux t’envoyer le nom de ma ville par mail !
        Merci pour tes conseils, j’ai la fâcheuse manie de toujours anticiper les émotions négatives et ça gâche un peu le plaisir !
        Des bisous

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  3. C’est une excellente question, comme HibouChouCaillou j’ai beaucoup déménager dans mon enfance et je n’aime pas du tout le ville où mes parents ce sont posé pour notre adolescence (on attends tous avec impatience leur retraite, c’est pour dire).
    Familialement, on a des origines lyonnaises et bien que mes parents n’y soient pas nés et y ai juste vécu le temps de leurs études, c’est de là que je me sens originaire ^^. D’ailleurs, ils devraient s’en rapprocher pour leur retraite (à moins qu’ils repartent sous les tropiques sur un coup de tête).
    Par contre, j’ai bien l’intention d’organiser un grand voyage familiale pour faire découvrir à mes enfants l’île où j’ai passé la majeure partie de mon enfance 😉
    Pour moi, la transmission familiale va au delà du lieu de vie : j’utilise des mots d’argots lyonnais car ils sont usités dans la vie courante de mon cadre familiale.

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    1. Je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir grandi dans une seule et même ville (et dans le même appartement !) … Bon avec en plus la particularité de l’insularité et de la forte identité régionale, qui fait que j’ai quasiment tout le temps une réflexion (bonne ou moins bonne) quand je dis d’où je viens …
      Toi aussi tu connais l’insularité alors ! Et les Antilles ce doit être quelque chose. 😉
      Tu as surement raison pour la transmission familiale, c’est surtout ce qu’on leur raconte qui est important.

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