DPA-Day [PB vs. MILK]

Toujours cette ambivalence qui ne me quitte pas : le regret du ventre rond contre la sensation agréable de retrouver son corps, d’être plus à l’aise …

Ambivalence accrue ces derniers jours, à l’approche de ma DPA, qui était donc pour aujourd’hui (41 SA – oublions le casse-tête de l’année bissextile qui la mettait à demain) …

Beaucoup d’émotions, de sentiments contradictoires ces derniers jours, quelques larmes qui coulent, à cause de la fatigue surement, des hormones, encore, peut-être …

Le bonheur immense de regarder J. dans son transat, de plus en plus rond chaque jour (vive le triple menton lol), de sentir son odeur dans ses petits cheveux quand il s’endort sur moi, le bonheur aussi – surtout ? – de voir H. s’intéresser à lui, lui faire des bisous et des caresses, et le bonheur égoïste de le voir nous réclamer plus de câlins depuis que son petit frère est là …

Et puis la nostalgie, donc, le ventre rond, les mouvements du loustic, les échographies mensuelles où on s’en prend plein les mirettes, et même le test de grossesse positif, les taux rassurants … Ces décharges d’émotion, je vous les souhaite à toutes, bien sûr, mais je ne peux également m’empêcher de me demander : les ressentirai-je à nouveau un jour ?

En plus, il y a toujours, sous-jacente, cette question : pourquoi je n’arrive pas à conduire une grossesse à terme ? Bien sûr, mes bébés sont en parfaite santé, ces quelques semaines restantes ne servent qu’à les peaufiner, mais, tout de même, j’ai comme l’impression que l’on me vole ces trois-quatre semaines de cette parenthèse incroyable dans la vie qu’est une grossesse …

Bref, il y a quand même, aussi, la sensation agréable d’être « libérée » (délivrée ?), de ne plus avoir à faire attention à son ventre, de ne plus compter ces contractions tout de même bien flippantes que j’ai eues depuis le sixième mois, de ne plus être essoufflée après avoir monté une volée de marches …

Et le bonheur de pouvoir manger à nouveau tout ce que l’on veut, et surtout des sushis ! Je ne résiste pas d’ailleurs à ce petit clin d’œil, voici mon premier repas de retour à la maison :

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😉

Voilà, vous me connaissez, j’ai parfois un peu de mal à appliquer ce joli précepte « vivre chaque jour comme le dernier« , mais promis, j’essaie … J’espère que vous y arrivez un peu également … ❤

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Des biberons et des feuilles de chou …

J’y ai pourtant cru, sur les trois ou quatre premiers essais … Il me semble bien qu’il a attrapé mon téton, pour deux ou trois succions, à chaque fois, chose que son grand frère n’a jamais réussi à faire …

Et puis, ça ne s’est pas reproduit … on voyait qu’il avait faim, qu’il cherchait mon sein, très vite il s’énervait, et finissait par se rendormir, épuisé … Exactement comme H., exactement ce que je redoutais …

Alors, moins de 24h après sa naissance, seule avec mon tout petit J. dans ma chambre d’hôpital, j’ai pris ma décision : il n’y aura pas d’allaitement, ce sera biberons !

Je ne voulais pas reproduire le même début de vie que pour H. : bouts de seins en silicone, tétées chaotiques, un bébé qui s’énerve et qui d’un coup se rendort, complètement épuisé, et surtout un bébé qui ne reprend pas de poids, voire qui continue à en perdre après la sortie de la maternité … Puis allaitement mixte, tirage de lait pendant que le Papa donne le biberon, même la nuit (nous avions tenu un mois comme cela) … Justement, avec l’aîné à gérer, cela me paraissait franchement impossible …

J. a donc commencé à prendre ses biberons, dizaine de millilitres par dizaine de millilitres, il n’a perdu que 120 grammes en tout par rapport à son poids de naissance, et, le jour où nous sommes sortis de la maternité, il stagnait par rapport à la veille, et dès son quatrième jour, il a commencé à prendre ses 30/40 grammes réglementaires par jour …

C’est donc déjà un beau pépère qui ne rentre plus dans ses vêtements taille naissance … Il est aussi très serein, et très éveillé entre chacune de ses siestes …

De mon côté, j’ai pris le traitement homéopathique prescrit dans ce cas-là (le traitement médicamenteux n’est plus recommandé du tout). J’ai franchement cru mourir le jour de la montée de lait, à J + 3, le jour où l’on est rentré à la maison … Les larmes ont coulé, à défaut du lait, très difficile à écouler vu comme ma poitrine était tendue …

La culpabilité était là, bien sûr, encore accentuée par cette impression de « gâchis » : j’avais du lait, mince, c’était juste mon bébé qui était trop petit et pas assez mûr pour téter correctement !

Alors, je me suis souvenue de ce remède de grand-mère : apposer des feuilles de chou, froides, sur chaque sein … Et en l’espace de 24h, moyennant quelques sessions sous la douche en essayant de faire sortir le maximum de lait, l’affaire était pliée : tout ce beau monde avait dégonflé …

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Bien sûr, une autre que moi aurait surement réussi là où je n’ai même pas essayé, cette fois-ci … Mais je dois me rendre à l’évidence de toute façon, le biberon me correspond mieux, cela fait des bébés bien plus calmes, et surtout, cela laisse la maman plus indépendante, notamment quand la famille est en visite pour trois semaines d’affilée après la naissance : à moi les petits tours en ville en solitaire pour n’importe quel prétexte, ou les corvées actives dans la maison pendant qu’une des grands-mères ou la tatie donne le biberon …

Et la médaille de « MILK indigne » est décernée à … 😉

Nissa la Bella

Depuis bientôt seize ans (moins une pause de cinq ans), je vis à trente kilomètres de Nice …

Mes parents se sont rencontrés à Nice, il y a près de 45 ans de cela … En fait, du coup, si Nice n’existait pas, je ne serais surement pas là pour en parler …

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Ce matin, j’ai pensé à la fière Promenade des Anglais, bordée d’immeubles magnifiques et longeant ma mer Méditerranée si bleue et si calme, la plupart du temps … Et j’ai bien sûr pensé à tous ces gens qui, en famille ou entre amis, étaient juste venus voir un putain de feu d’artifice …

Ce matin, j’ai posé mes yeux sur mes deux petits garçons, et je me suis demandée, encore une fois, une fois de trop, quel était ce monde où ils allaient grandir …

Ce matin, plus que jamais, j’ai décidé d’essayer, dans la mesure du possible, de vivre chaque jour comme si c’était le dernier …

Voulez-vous essayer avec moi ? ❤

Le dernier rendez-vous de suivi [PB vs. MILK]

Ce matin avait lieu mon rendez-vous de suivi du neuvième mois à la maternité. C’est donc toute pimpante, avec mon gros bidon, que je m’y suis rendue …

Euh, attendez, on me souffle que je divague là, car comme pour H., je n’ai pas assisté à ce rendez-vous pour cause justement de disparition du gros bidon. 😉

Alors voilà, je profite de ce petit clin d’œil pour faire un premier petit état des lieux avant/après, à J+9 donc …

Tout d’abord, rien de surprenant, mais je suis partagée entre la nostalgie du bidon et des mouvements de notre petit J. à l’intérieur, et le soulagement d’en être « délivrée ». Je réalise en effet que je faisais très attention à mon ventre en fait, depuis la menace de MAP … Par exemple, je peux reprendre H. dans mes bras de façon « normale », et quel bonheur ! Heureusement d’ailleurs que je n’ai pas eu une césarienne, parce que, arrivée du petit frère oblige, j’ai l’impression qu’il réclame plus d’être dans mes bras qu’avant … Ce qui l’éclate particulièrement, c’est que je les prenne tous les deux dans mes bras en même temps … Ce qui reste possible pour encore quelques temps, car J. est un poids plume … ❤

Et je retrouve aussi avec plaisir, un peu plus chaque matin, l’aspect habituel de mon ventre … Comme pour H., je me suis résolue à monter sur ma balance chérie à J+7, et il ne me reste que trois petits kilos à perdre … Je me suis fait le serment de bien moins me prendre la tête pour les perdre que la première fois – je mesure ma double chance : avoir un bébé en bonne santé et seulement trois kilos « en trop ». De toute façon, je n’allaite finalement pas (cela fera l’objet d’un autre billet), donc je commence déjà à faire attention, en respectant la règle de base : « manger quand j’ai faim et essayer de s’arrêter à temps » … On verra bien …

Par contre, la reprise du sport va faire très mal, c’est certain … Les deux mois de repos ont fait fondre mes petits muscles … J’ai remonté pour la première fois à pied mes sept étages hier, et j’ai cru en arrivant que mes cuisses allaient lâcher lol … Mais là aussi, chaque chose en son temps, ma visite post-natale chez ma gynéco est le 22 août, et je n’ai aucun doute sur le fait que j’aurais besoin de rééducation périnéale cette fois-ci, donc pas de vrai sport avant début octobre environ je pense …

Allez, quittons ces considérations superficielles pour attaquer le cœur du problème : l’état de mon « petit endroit intime ». Je vous avoue que les premiers jours, je me suis franchement demandée si mon accouchement voie basse était vraiment préférable à une césarienne …

Comme à mon habitude, j’ai voulu aller plus vite que la musique (et j’ai été infernale avec mon pauvre Mari lol – désolée) : oui bien sûr ce n’est pas très agréable, tous ces travaux de couture (pour rappel : une épisio, deux déchirures à deux endroits différents et un énorme hématome), ça fait un peu peur, ça picote et ça lance un peu parfois, sur le lit d’hôpital peu de positions étaient confortables, mais avec de l’activité, depuis le retour à la maison, ça va déjà beaucoup mieux, l’hématome s’est bien résorbé et je suppose que la cicatrisation suit son cours. Bon ok, je ne peux pas encore m’asseoir « toute droite », mais j’espère que ce n’est l’affaire que de quelques jours encore. Et il faut passer par la case douche plusieurs fois par jour, mais avec la chaleur qui est enfin là, ce n’est pas du luxe, donc bon …

Après une césarienne, on est quand même beaucoup moins mobile, se lever et se mettre dans son lit sont une épreuve, monter ou descendre un escalier aussi. Je ne me souviens plus parfaitement (résilience quand tu nous tiens), mais je suppose que je ne pouvais pas marcher aussi longtemps que je le fais déjà depuis quelques jours.

Bref, voilà, vous l’aurez compris, des suites de couches finalement pas si terribles que ça … et puis, pour toujours, ce moment inoubliable, ces premières minutes tous les trois ensemble … ❤

Dimanche 3 juillet 2016 – 16h16

H. est revenu la veille à 17h de sa semaine chez mes beaux-parents, retrouvailles à l’aéroport, bisouilles et aussi quelques colères (pour nous faire payer notre absence ? – il a bien sûr été adorable avec ses grands-parents et sa tatie tout le long de son séjour) …

Je me lève vers 5h pour faire mon dernier petit tour aux toilettes de la nuit, en pensant à  son sourire tout à l’heure quand on va aller le lever, et surement à la plage où l’on ira dans la matinée … Je retourne vers mon lit, et là le doute m’assaille … enfin, très léger le doute, car j’ai déjà vécu ce scénario il y a environ 2 ans et deux mois, le samedi 10 mai 2014 … 🙂 Bon, je tourne en rond un petit moment entre le couloir et ma chambre, cela me semble moins franc que pour H., mais tout de même, il faut se rendre à l’évidence : ce sera à nouveau son grand-père qui réveillera H., et qui ira à la plage avec lui aujourd’hui …

Je vous avoue avoir un gros pincement au cœur, et être un peu en colère contre le loustic, mais visiblement avoir tenu 5 jours de plus que son frère lui a soudainement paru bien suffisant … Je suis également contrariée de commencer exactement comme pour H., et le spectre de la césarienne rode dans ma tête … Je rassemble, à reculons, les dernières affaires (grâce à la fameuse liste), nous briefons mon beau-père en lui faisant promettre de ne prévenir ni sa femme, ni sa fille, et encore moins mes parents, pour pouvoir rester dans notre bulle – il a parfaitement joué le jeu, merci M. ! 😉 Le pauvre, la journée a du lui paraître bien longue avec les nouvelles sporadiques et évasives que lui a données mon Mari …

Bref, nous voici en route, et à la maternité vers 6h30 je dirais … Pas trop de suspense, il y a bien eu rupture de la poche … Mon col est ouvert à 1 environ, mais est encore très postérieur, le monito est ok. C’est parti pour un petit tour du quartier pour accélérer tout ça, achat du petit-déjeuner pour Monsieur, on fait une dernière photo de mon gros bidon devant l’hôpital, on récupère la valise et on s’installe dans ma chambre vers 8h30 …

Les contractions commencent à s’installer régulièrement, et je les trouve bien douloureuses dès le début … Surtout, je me sens faiblarde, et je regrette de ne pas avoir pensé à manger un peu avant de partir … J’essaie de marcher ou de rester sur le ballon, et d’être active sur chaque contraction (environ toutes les quatre minutes à ce moment-là), mais … lors de l’une d’entre elles, je tombe dans les pommes ! Mon pauvre Mari me réceptionne au sol, je me suis même écorchée le dos contre le mur en tombant, j’ai encore une belle plaie lol ! Bon bon bon, ça commence bien … La sage-femme me fait un test de glycémie, qui est ok, donc ce ne serait pas le fait de ne pas avoir mangé ? Peut-être des malaises vagaux dus à la douleur ? Mince, quelle chochotte je fais !

A partir de là, on me pose une perfusion de glucose, quand même, et je reste sur le lit du coup … mais la douleur est ingérable ! Je tente de me mettre à quatre-pattes sur le lit, ah oui c’est bien mieux pour la douleur, mais … je manque de retomber dans les pommes au bout de la troisième contraction dans cette position … Retour dans la position couchée, sur le côté, mais franchement, ça fait trop mal … A l’examen suivant, vers 10h, je ne suis dilatée qu’à 3, mais le col s’est centré : c’est ok pour poser la péridurale si je le souhaite … Ah non Madame, moi je ne veux pas de péri, vous vous souvenez ?

Euh, wait, c’est où que ça se passe pour la pose de la péridurale ? En salle de travail, ok on y va direct, ça va pas ou quoi ! Voilà, voilà, les anesthésistes préparent tout, je ravale ma fierté et essaie de me convaincre que c’est vraiment le bon choix avec mon utérus cicatriciel et l’évidente difficulté avec laquelle je gère pas du tout les contractions depuis le début …  😦

Bon, c’est déjà ça : la pose de la péridurale se passe très bien, en cinq minutes c’est plié, par rapport à la bonne demie-heure pour H. … Euh par contre, ok ça peut mettre une demie-heure à faire effet, mais c’est normal que cela fasse de plus en plus mal, et qu’on dépasse largement la demie-heure ? Autre point positif néanmoins : la péri a l’air d’être bien homogène cette fois-ci (elle n’avait marché que d’un côté pour H.), vu que j’ai aussi mal des deux côtés ! 😉 Alors franchement, penser qu’on va être soulagé de sa douleur, et la voir amplifiée, c’est assez coton psychologiquement …

Je demande à être réexaminée, mais la sage-femme préfère attendre un peu, car il ne faut pas examiner trop souvent lorsque la poche est rompue à cause des risques d’infection … Mouais … Bizarrement, quand elle se décide enfin à le faire (vers 13h), environ deux heures après le précédent examen, je suis dilatée à 9 et le bébé est bien engagé dans le bassin … Ah ok, voilà l’explication : je suis passée de 3 à 9 en moins de deux heures, et donc même avec la pose de la péri, on a couru après la douleur …

Grosse émotion à ce moment-là, je réalise qu’on s’approche de LA rencontre, que le travail s’est fait sans injection de cette maudite ocytocine, que j’accoucherai donc par voie basse cette fois-ci (bébé déjà engagé), et que je n’ai jamais été aussi proche d’avoir cette fratrie dont je rêve depuis toujours … Je me sens du coup prête à affronter la douleur – je suis un peu soulagée mais toujours loin de l’être totalement par la péri … Mais l’infirmier anesthésiste avait tout préparé entre-temps et me réinjecte directement une dose de produit …

La dose fatale : après dilatation complète, le bébé progresse très lentement, on attend donc un maximum vu que son rythme cardiaque est toujours ok, et lorsque l’on s’installe une première fois pour la dernière étape, vers 15h, on me demande de pousser. Euh, de faire quoi ? Mais je ne sens plus rien à partir de la taille moi, et tu voudrais que j’expulse un truc d’environ trois kilos ? Donc voilà, poussées pas très efficaces pendant une bonne heure, malgré les encouragements des sage-femmes « vous pariez quoi ? cheveux ou pas cheveux ? » « cheveux évidemment » « oui, c’est bien ça, cheveux ! » …

Et il faut se rendre à l’évidence : autant son grand frère avait précipité les choses au bout d’un moment en nous faisant comprendre que ça allait bien comme ça et que du coup il allait nous faire peur en ralentissant son rythme cardiaque, non mais, autant le petit frère ne veut plus sortir, rythme tout tranquille et je ne bouge plus d’un millimètre dans le bassin de ma Maman …

On sort donc les gros mots (extraction instrumentale et épisiotomie), les gros instruments qui font peur (spatules), et le grand manitou (le gynéco de garde, chef du service accessoirement) pour enfin le déloger de là : et avec une dernière poussée, à 16h16, une petite chose toute gluante et geignarde atterrit sur mon ventre, avec son Papa à côté de moi …

Mes premiers mots sont « oh il est tout petit » (ben oui, tu t’attendais à un 4 kilos avec un peu plus de trois semaines d’avance ou quoi ?) et, en m’adressant à lui « tu ressembles tellement à ton frère » … Puis nous osons enfin prononcer son prénom à voix haute …

J. …

Je le garde en peau-à-peau pendant la délivrance, qui se passe très bien, par contre, on l’envoie recevoir ses premiers soins avec son papa pendant que le grand manitou exerce ses talents de couturier sur mon petit endroit intime … pendant près de quarante-cinq minutes ! « Je m’applique Madame, pour que ce soit bien symétrique » … Euh, oui enfin, c’est surtout qu’il y a l’épisio donc, deux déchirures différentes (et pas dans le même sens), et un hématome géant … Je commence à me demander si une bonne vieille cicatrice de césarienne n’est pas préférable à tout cela …

Mais, je ne finirai pas ce récit là-dessus (on en reparlera lol), et je garde en mémoire, pour toujours, la sensation de cette petite chose gluante tout contre moi, avec son Papa tout sonné qui nous regarde sans rien dire …

Tous les trois réunis pour être enfin quatre … ❤