L’impression de le trahir …

Encore plus que la crainte de galérer avec deux enfants rapprochés (dès la grossesse et surtout après la naissance), j’ai parfois l’impression de trahir mon petit H. …

Nous nous sommes donc lancés dans les essais pour le deuxième alors qu’il n’avait que 10 mois … Si par une chance inouïe ça avait marché du premier coup, ils n’auraient eu que 19 mois d’écart environ (en plus, H. étant né à 37SA, je suis persuadée que ce sera la même chose pour le deuxième, mais je sais bien sûr que ce n’est pas lié du tout – bref). Et à présent, si ça marche dans les mois qui viennent (j’optimisme), ils n’auront tout de même qu’un peu plus de 2 ans d’écart …

Je sais bien que c’est très peu comme écart (sans être foufou genre 12 ou 15 mois d’écart bien sûr), que H. est encore tout petit …

Lui, il préférerait sûrement garder ses parents pour lui tout seul, il a en plus déjà un sacré caractère, très impatient (de qui peut-il tenir ça ?) et un peu colérique, tout en étant un bébé vraiment très facile à vivre.

Donc quand je pense à ce potentiel deuxième enfant, quand je sens cette envie dévorante en moi, j’ai l’impression de le trahir, de ne pas profiter de lui comme je devrais (toujours ce fameux « carpe diem« ), alors que je l’aime plus que tout et que nous passons des super moments tous les trois (quatre en comptant Naruto) …

Ne devrait on pas plutôt laisser passer encore quelque temps pour nous occuper au mieux de lui ? Continuer à le regarder découvrir la vie et être là à 100% pour l’accompagner sur ce chemin ?

Mais je ne peux m’empêcher de l’imaginer grand frère, et mon corps tout entier tremble d’émotion à cette idée …

Qu’en pensez-vous ? Trahison envers le premier enfant ou un cadeau que nous leur faisons ?

Il paraît que c’est psychologique …

Qui, après avoir expliqué que l’enfant tardait à venir, n’a jamais entendu cette phrase ?

Je sais bien que les gens ne savent pas comment réagir, c’est aussi gênant pour eux que pour nous, quand nous bafouillons que ça fait un bon moment que nous essayons et qu’il y a un petit (ou gros ou plusieurs) souci …

Mais tout de même, qu’est ce qu’elle est énervante, cette phrase, n’est-ce-pas ?

Et pourtant … je dois vous avouer que parfois, je me dis que en fait, bon, peut-être il y a une infime part de psychologie, ou d’état d’esprit/forme mentale en tout cas, qui joue …

Comme je l’explique rapidement dans le « H. project », le cycle où cela a marché pour nous correspond à un cycle de « reprise », après environ trois mois de pause PMA et un premier échec en IAC.

C’était surtout la rentrée après un excellent été (malgré l’incertitude effrayante, qui était toujours présente), passé à travailler dans un Paris désert et ensoleillé (je n’oublierai jamais mes trajets du retour du travail à pied, passant par les berges de la Seine rendues piétonnes cette année-là et le champ de Mars), et entrecoupé de semaines de vacances dans nos familles respectives, chacune au bord de la mer (mais pas la même hihihi).

J’étais au poids exact dans lequel je me sens parfaitement bien (j’aborderai ce sujet dans un article à part entière), j’avais fait du sport tous les jours ou presque, j’étais bien bronzée évidemment (je suis relativement mate de peau), bref je me sentais BIEN.

Et voilà, comme par hasard, c’est cette tentative-là qui a été la bonne ! Mon esprit très cartésien a été malmené quand je pensais aux faits … Pas aidé du tout par une amie PBC1 – ou presque – par deux fois que nous avions croisé mi-août et qui m’a dit après l’annonce de ma grossesse « ah je ne suis pas étonnée, tu étais tellement bien et en forme quand nous nous sommes vues cet été, c’était sûr que ça allait marcher peu après ! » … Arghhhh

Bien sûr, il y a aussi une explication médicale très logique : c’était un cycle beaucoup moins stimulé que les autres (puisque quasi-cycle naturel avec seulement 4 jours de ménopur), donc a priori l’ovocyte est de meilleure qualité …

Bref, pour le deuxième enfant en tout cas, il y a un fort côté psychologique je trouve, dans le sens où beaucoup de questions se posent « combien d’écart entre les deux ? », « comment ça va se passer avec le premier ? », « des fois nous sommes épuisés avec un seul enfant, alors avec deux ? » (liste non exhaustive) …

Parfois, exemple très parlant je trouve, je soulève H. pour le prendre dans mes bras, et je ne peux m’empêcher de me dire « pfiou si j’étais enceinte laisse tomber comme j’aurais du mal » (c’est qu’il pèse son poids le bonhomme), et instantanément je me dis « oups mais si je pense ça, ça ne va jamais marcher » … suivi de « mais ma pauvre si c’était dans la tête on le saurait, non ? » …

Voilà voilà, je suis pas toute seule dans ma tête comme vous commencez à le découvrir … 🙂