Je vous aime, moi non plus

Elles ont débarqué pour la première fois un matin de janvier, j’étais en cinquième … Je me souviens avoir pleurniché … Pourtant, je les attendais sereinement à ce moment-là, car ma mère m’avait tout bien expliqué …

J’ai été réglée comme du papier à musique, tout de suite, 28 jours pile poil et pas un jour de plus ou de moins … Je souffrais le premier jour -je n’ai pas pu aller à l’école une ou deux fois, mais antadys m’a sauvée …

Le jour de la rentrée de première, je rencontre mon premier amour, et quelques mois plus tard, je prends la pilule … Je vais la prendre pendant treize ans environ, avec très peu de coupures …

Fin 2011, après onze ans de relation sans nuage avec Lui, nous décidons – enfin, diront certains – de nous lancer, et je gobe mon dernier cachet début janvier 2012, tout en utilisant notre ami le latex car il ne faudrait pas que ça vienne tout de suite tout de même : j’ai un examen pro important à valider en juin … Dès début février, je guette néanmoins leur retour, ben oui, un cycle c’est 28 jours, n’est-ce-pas ?

Elles ne reviendront pas … A chaque passage aux toilettes, je les guette pourtant … Je me souviens avoir trouvé cela si ironique : les attendre avec impatience pour être rassurée sur le fonctionnement de « la machine », alors qu’après le but est de ne pas les avoir pendant neuf mois …

Pendant cette période, en plus de la peur de ne jamais être parents, je me suis sentie comme diminuée dans ma féminité, j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose à ma condition de « femme » … Je n’avais pas réalisé à quel point j’y tenais, à ces périodes qui, chaque mois, n’arrivent jamais au bon moment (par exemple pendant un voyage de noces) et dont on se plaint souvent des désagréments …

Trois gynécos différents, duphaston, clomid, moult échos, prises de sang et examens en tout genre, le diagnostic OPK, puis l’artillerie lourde – gonal, ovitrelle, decapeptyl, orgalutran et menopur, des pleurs à chaque échec (et à chacune de leur arrivée, forcément), deux inséminations, et, finalement, une bonne raison de ne pas les avoir : notre H. est en cours de fabrication … Evidemment, je reste vigilante à chaque pause-pipi, mais j’ai beaucoup de chance : zéro saignement pendant chacune de mes grossesses …

Après la naissance de H., elles me font la surprise de revenir régulièrement, plutôt tous les 30-31 jours, mais on ne va pas chipoter … Cela me semble presque miraculeux, cette « réparation », et j’en serais presque à savourer leur arrivée chaque mois … Mais, très vite, j’espère à nouveau qu’elles disparaissent pour un peu plus de neuf mois … Et une chose vraiment miraculeuse provient, quelques mois plus tard : notre J. s’installe, et je leur dis au-revoir pour quelques mois …

Hier soir, elles sont revenues en fanfare – le fameux « retour de couches », d’un coup, un dimanche à 21h, m’obligeant à courir à la petite supérette du quartier ouverte jusqu’à 22h … et je suis donc curieuse de voir quel type de cycles va s’installer à présent, après cet épisode anovulatoire extrême et deux grossesses …

Et puis un jour, elles disparaîtront peu à peu, et je suppose que cela demandera un petit temps d’acceptation, car ce sera le signe du temps qui passe, inexorablement …

Voilà, je les aime pas du tout, un peu, beaucoup, mais pas trop à la folie quand même … 😉

Rassurez-moi, nous sommes toutes pareilles sur ce sujet-là, non ?

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4 réflexions sur “Je vous aime, moi non plus

  1. C’est quelque chose d’important dans la vie d’une femme. Je les ai eu jeune (12 ans) j’étais fière (si j’avais su…) tres régulières, je n’ai eu qu’un cycle de + de 28j pendant les 4 ans sans pilule mais chez moi elles sont devenues douloureuses au fil du temps, l’endometriose faisant son chemin…
    Pour mon grand, grossesse + allaitement = 18 mois sans règles, et la j’en suis à 15 mois et je ne les ai attends pas du tout ! Je comprends ce que cela peut représenter (féminité, fonctionnement du corps etc.) mais chez moi elles sont synonymes de douleurs et souffrance . Donc j’appréhende leur retour (surtout que la pilule est +/- contre indiquée chez moi ). Comme quoi chaque femme a un rapport particulier avec cette période …

    Aimé par 1 personne

    1. Oui c’est sûr que si elles sont synonymes de douleurs, tu ne dois pas trop les attendre … 😦
      Le stérilet aux hormones semble être bien indiqué pour toi du coup, non ?
      De mon côté, je pense que j’ai développé une sorte de fixation là-dessus, lorsqu’à l’arrêt de la pilule elles ne sont pas revenues … Mais évidemment, quand elles vont arriver à des moments inopportuns dans les années à venir, je suppose que je râlerai lol …
      Bises !

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  2. C’est drôles que tu en parles, justement moi j’appréhende de les revoir. J’ai tellement pleuré de désespoir devant ce sang… j’espère que l’allaitement les tient éloigné de moi un bon moment. Je ne suis pas prête à être de nouveau potentiellement fertile et du coup triste de constater que ça ne marche pas… 😦
    Plein de bisous

    Aimé par 1 personne

    1. Oui bien sûr normalement c’est le symbole des « échecs », alors je comprends que tu ne sois pas impatiente de les revoir … Mais moi justement « mon échec » c’était de ne pas les avoir …
      Ah, c’est compliqué tout ça, n’est-ce-pas ? 😦

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