So long Paris

Nous avons vécu quatre ans seulement à Paris … Pourtant, quitter cette ville l’année dernière m’a brisé le cœur … Plus d’un an après, je ressens souvent comme une grande mélancolie, et même presqu’un manque physique qui me prend aux tripes …

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Il n’y a rien de rationnel là-dedans : nous n’étions pas de là-bas donc nous n’y avons pas laissé notre famille, la plupart de nos amis étaient restés dans le Sud à la fin de nos études, nous ne sommes pas des passionnés d’expos et de musées donc nous n’en profitions pas tant que ça à Paris. J’y ai laissé la gym suédoise, mais je me rends bien compte que ce n’est qu’une activité sportive parmi tant d’autres !

Je suis passionnée de mode mais pas une acharnée de shopping, donc j’y ai vu quelques belles expos sur le sujet et acquis quelques belles pièces, mais rien que je n’aurais pu trouver ailleurs … Mon Mari dit même que mon budget shopping baisse d’année en année et donc que je ne me suis pas lâchée à Paris là-dessus … Comme je vous l’ai déjà dit, lorsque je suis arrivée à Paris, en juin 2010, je tenais un blog mode depuis trois ans avec deux amies. J’ai donc participé à quelques événements au début, ce qui était bien sympa, mais nous avons arrêté notre blog en janvier 2012 et j’ai donc disparu de la « scène mode-bloguesque » …

Je n’arrive donc vraiment pas à expliquer ce sentiment qui ne me lâche pas, ce sentiment d’avoir laissé derrière moi l’endroit auquel j’appartiens (« where I belong » en anglais dans le texte). C’est surtout penser à notre ancien quartier qui est douloureux …

A notre arrivée à Paris, nous nous sommes installés, par hasard, au sud du quinzième arrondissement. C’était un choix purement pratique par rapport à la localisation de nos deux boulots sur la maudite ligne 13, Lui au terminus sud, et moi au dessus des Champs-Elysées. Nous avons trouvé un coquet deux-pièces (grâce à une blogueuse mode, d’ailleurs) donnant sur le parc Georges Brassens et y avons passé deux ans.

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Cette zone du quinzième arrondissement est vraiment excentrée, nous étions assez loin des stations de métro les plus proches, et notre appart était vraiment petit (39 m²). Au début de nos essais pour H., en septembre 2012, alors que nous savions déjà que ça serait un peu plus difficile que prévu, nous avons donc déménagé dans un trois-pièces de 65 m², pour « faire la place » et se projeter dans cet enfant si désiré. Et nous avons choisi un appart situé un peu plus haut dans l’arrondissement, rue Lecourbe, entre Pasteur et Cambronne, bien mieux desservi en bus et métro, et dans une zone plus centrale.

Toujours trop petit, mal fichu et en mauvais état, mais avec un extraordinaire jardin commun, un beau parquet qui craque et les fameuses moulures parisiennes, cet appartement a été le témoin de notre chemin vers H. et le berceau de ses premiers jours … Il aura toujours une place spéciale dans mon cœur …

Je garde surtout un souvenir ému de mon congé maternité, où j’ai fait de longues balades, sans jamais quitter les alentours de notre quartier mais sans jamais me lasser, avant la naissance, car j’ai eu la chance d’être en bonne forme jusqu’au bout, et bien sûr ensuite pour les premières sorties du minuscule H. dans sa belle poussette … L’avenue de Breteuil jusqu’aux Invalides, la rue Cambronne jusqu’au Champ de Mars, le square Saint Lambert, le parc Georges Brassens, la rue du Commerce … Je peux retracer tous ces itinéraires dans ma tête les yeux fermés …

Alors oui nous sommes partis car ça n’allait plus au niveau professionnel pour mon Mari, et aussi parce qu’il paraît qu’on ne peut pas élever un enfant à Paris (mais je suis sure que c’est faux !), et ici nous sommes propriétaires d’un grand appart en centre ville, avec une terrasse immense en dernier étage, il fait beau tout le temps, je peux aller à la plage entre midi et deux entre mai et septembre, et la plupart de nos amis sont là … Mais ce n’est pas Paris …

En outre, côté PMA, cela complique un peu les choses aussi bien sûr, puisque nous y avons laissé ce cher Dr D. … Mais bon, c’est annexe cela, finalement, dans un confort de vie global …

Voilà, je ne sais pas si la nostalgie va me quitter un jour … Et je ne suis pas sûre de le vouloir en fait …

Avez vous du aussi quitter une ville que vous aimiez ?

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26 réflexions sur “So long Paris

  1. J’ai bossé pas très loin où tu habitais , et on habitait au sud du 15eme. Par contre j’avais qu’une hate c’était de quitter Paris. Je ne suis pas un brin urbaine, j’ai besoin de voir les montagnes, d’être à la campagne , entouree de nature. J’ai apprécié Paris pour ce que cette ville a à offrir : expos, théâtre etc mais j’ai détesté les transports en commun, le bruit, la pollution. C’était le deal : dès que nous avons un enfant nous quittions Paris. Deja que je n’étais pas super bien dans cette ville, je ne tombais pas enceinte : double peine. Par contre il faut reconnaître que niveau professionnel ca n’a rien avoir , j ai perdu en responsabilité et en salaire mais gagner en confort de vie (enfin selon mes critères bien à moi !)

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    1. Nous habitions également dans le même coin, c’est fou !
      C’est vrai que j’aurais pu détester Paris pendant notre parcours pour H., mais ça n’a pas été le cas, bien au contraire … En fait, il était évident que nous ne redescendrions pas dans le sud avant que je sois enceinte, car c’aurait été trop douloureux de voir très souvent tous nos amis s’épanouir avec leurs enfants … 😦
      Mais vraiment, comme je le dis, ce n’est pas rationnel cette « douleur » d’être partie de Paris, car au niveau professionnel et donc financier ça n’a rien changé pour nous (moi j’ai gardé mon job et donc mon salaire, et je travaille de chez moi avec quelques séjours à Paris, et mon Mari a trouvé le même job dans le coin) … Donc forcément nous avons vraiment gagné en confort de vie … mais, ce n’est pas Paris …

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  2. J’ai quitté LA ville où je m’étais construite seule, en arrivant pour mes études supérieures. Expérience très douloureuse… Tellement que nous y sommes revenus en 2010. Et j’en suis la plus heureuse ! Ça ne s’explique pas…

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  3. J’ai vécu rue dutot puis à javel et enfin à convention! Par contre nous n’aimions pas Paris et voulions partir depuis plusieurs années ^^ ce mode de vie pressé, l’immobilier hyper cher, les transports en commun, les gens mal aimables, nos 2 fous qui se baladaient á moitié nus dans la rue… Dès que la PMA se clôturait, on partait. Par contre je pense que c’est une ville superbe en tant que touriste.

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    1. C’est incroyable nous avons vécu vraiment dans le même coin ! Rue des Morillons devant le parc Georges Brassens, puis rue Lecourbe au niveau de Vaugirard …
      Pour l’immobilier je suis d’accord, mais par contre les transports en commun pour moi c’est une force : je déteste prendre la voiture au quotidien …

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      1. Ça depend aussi cbien de temps tu as. Moi j’avais 3h par jour, passées collée serrée contre des gens qui puent, à se faire bousculer, marcher dessus, y a mieux. Là j’ai 10 min en voiture, je ne reviendrai jamais en arrière

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  4. Je ne comprends pas trop pourquoi on ne pourrait pas élever un enfant à Paris. Ma soeur y a habité puis a acheté en périphérie (94 aux portes de Paris) et y élève ses 2 enfants. Bon ce n’est pas le style de vie dont je rêve. A force de courir, métro, école, boulot, ils ont des cernes de ouf 11 mois sur 12.
    J’étais en banlieue et j’ai quitté tout ça avec bonheur et y retourner et un calvaire à chaque fois.

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    1. Oui je pense qu’il est tout à fait possible d’élever des enfants à Paris … Peut-être cela dépend des conditions, distance entre le boulot, les écoles et là où on habite ?
      De mon côté par contre, c’était Paris intra-muros ou rien : si c’est pour habiter en banlieue, même proche, autant être en province … mais ça n’engage que moi …

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      1. J’y suis née et j’y ai grandi en BP. J’y suis restée un moment parce que oui Paris c’est youpi la fête si t’as un bon salaire et moi je ne suis qu’une petite secrétaire alors à part une chambre de bonne et une chambre de bonne tu vois ça ne me branchait pas trop quand même! hi hi hi
        Pour ma soeur hélas tout est hyper bien situé sur la même ligne mais c’est Paris et si tu veux une bonne école pour tes gamins ce n’est pas obligatoirement celle de ton quartier alors métro pour l’école et retour à son taf et retour à l’école et n’oublie pas l’orthophoniste. Le bon orthophoniste n’est pas obligatoire près de chez toi ni près de l’école etc etc …

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  5. Je comprends tout à fait ce que tu exprimes. Je ne suis pas du tout parisienne de naissance, je suis née et ai vécu 20 ans en Province, tout en sachant depuis longtemps que j’avais envie de Paris.
    J’y habite maintenant depuis 10 ans.
    Aujourd’hui, c’est un amour très paradoxal : quand je suis à Paris je me sens Nantaise, quand je suis à Nantes je suis Parisienne !
    Cela dit, la vie intra muros n’a duré que 5 ans, ensuite nous sommes partis en banlieue (92) où nous sommes extrêmement bien ! Et nous ne reviendrons dans le béton parisien pour rien au monde ! Nous adorons notre petit coin de campagne à 2 pas de la ville 🙂
    Mais c’est clair qu’à Paris il y a tout, on ne se pose même pas de questions, que ce soit pour la culture, les voyages, le médical, la nourriture, le shopping (mode, maison)… tout. Il y a tout, tous les jours, à toute heure.

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  6. Oh, combien ce post évoque en moi de souvenirs à la fois beaux et douloureux maintenant… Moi aussi, j’ai une ville que je regrette tant, MA ville, celle de mon enfance et quittée à 19 ans pour poursuivre mes études. Cette ville, elle n’est pas forcément aimée pourtant mais moi je l’adore : c’est Le Havre. C’était mon refuge. (mon havre, quoi ! 🙂 )
    C’est très dur de ne plus y aller, je suis comme toi, souvent triste en y pensant. Mais parents y habitaient mais eux aussi en sont partis (ils sont allés passer leur retraite au soleil !)
    Ainsi, je comprends parfaitement ce que tu ressens. Et rationnel ou non, ce genre de sentiment ne se contrôle pas !
    Des bisous !

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    1. Moi aussi j’aime beaucoup la ville d’où je viens, mais j’ai toujours su que je ne pourrais pas y habiter car il n’y a pas d’opportunités professionnelles, et l’insularité me gêne quand même … donc je m’étais fait une raison là-dessus … Bon mes parents habitent toujours là-bas alors je peux y retourner, c’est vrai que pour toi ce ne doit pas être facile …
      Par contre, Paris … je ne l’oublierai jamais … ça ne se contrôle pas comme tu dis.

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      1. Tu as raison sur l insularité, moi aussi ça m’embête un peu aussi. Mais je m’étais tjs dit que je partirai et reviendrai ou au moins que j’aurai des attaches encore dans cette ville. ..

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  7. J’ai vécu aussi quelques années dans le 15ème (plusieurs bébé et plusieurs étudiante). Il me semble que tu évoquais le square St Lambert dans un autre article; c’est celui où j’ai fait mes premières balades en poussette 🙂
    En revanche j’avoue ne pas regretter l’avoir quitté pour la banlieue proche. Paris est une très belle ville mais si chère et si crevante!

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  8. Moi j’ai toujours la nostalgie de la Réunion … J’y suis partie travaillé après mes études avec mon amoureux de l’époque, c’était mon émancipation loin de la famille. J’y ai d’ailleurs fait ma crise d’ado en retard !
    La famille et les amis sont passés en vacances mais au bout d’un an et demi, je suis rentrée.. Je revois toujours mes souvenirs de là-bas comme à travers un filtre embelli genre photos Instagram .. Et un petit pincement au cœur

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  9. J’ai vecu 2 ans à Paris dans le 15eme au metro Convention à côté du parc Georges Brassens. J’ai adoré y vivre, j’en suis partie car j’ai trouvé un emploi plus intéressant en Province. Mais j’ai toujours une bouffée de nostalgie qd j’y retourne. Je dis souvent que je prends sur moi pour ne pas m’allonger par terre en sanglotant devant le parvis de Montparnasse avant de prendre mon train retour.

    Aimé par 1 personne

    1. Si tu savais comme ton commentaire m’émeut ! Ça me fait cela quand je suis dans le métro et que je repasse par notre ancienne station (Duroc), j’ai les yeux qui picotent à chaque fois et j’ai envie d’hurler « laissez-moi sortir, c’est chez moi » … Ridicule mais incontrôlable … Bon ça m’est arrivé ce matin (car je vais à Paris au moins une fois par mois pour le travail et selon où je dors je repasse par cette station), alors autant te dire que lire ton commentaire dans la foulée a été … particulier … 🙂
      Bienvenue sur mon blog en tout cas et merci donc pour ce commentaire qui me fait me sentir bien moins seule …

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