La gourmande, l’anorexique et moi

Fin janvier 2011, alors que je ne me pesais jamais, je suis montée sur une balance chez mes beaux-parents, juste pour voir, et j’ai constaté avec effroi que je me rapprochais d’un changement de dizaine, et surtout que je pensais être au moins 5 kilos en dessous du poids affiché. Selon mes calculs, j’avais pris 10 kilos en 10 ans.

Le déclic irrémédiable … Sans vraiment m’en rendre compte, j’ai acheté une balance, commencé à me peser une fois par semaine (le mercredi – pas trop près du week-end pour s’autoriser quelques excès), j’ai augmenté ma fréquence de marche à pied et de sport (gym suédoise et natation), et j’ai surtout changé complètement mon alimentation.

J’ai baptisé mon régime « non les patates ne sont pas des légumes » (je devrais vendre le concept) … Ce n’est pas que je mangeais des cochonneries tout le temps, style macdo et biscuits, mais je mangeais trop, et surtout des féculents plutôt que des légumes (alors que j’adore ça) …

J’ai donc fait l’inverse : le minimum de féculents et plein plein de légumes, et la perte de poids a été fulgurante (8 kgs en 3 mois), sans avoir l’impression de me priver, vu que je n’ai rien supprimé et que j’aimais tous les légumes (en fait même le seul régime de ma vie a été une réussite, d’où ma non-connaissance de l’échec avant la PMA – bref) …

Je suis descendue un peu trop bas (car je n’étais pas en surpoids à la base, j’avais juste quelques rondeurs qui s’étaient installées au fil des années), je me suis pris quelques réflexions de personnes bien intentionnées (ou jalouses ?), mais j’avoue franchement que j’ai adoré ça, cette sensation de contrôle sur son corps, le chiffre qui baisse chaque semaine sur la balance, les abdos et les bras qui se (re) dessinent, les jambes fuselées et surtout les fesses qui fondent (j’ai des fesses bien rebondies …), et puis la sensation folle de se sentir à l’aise dans des pantalons slims en taille 36 …

Je me suis stabilisée fin 2011 avec deux petits kilos en plus (donc environ 6 kilos de perdus au total), et depuis, je tourne autour de ce poids avec lequel je me sens parfaitement bien, à plus ou moins 500g près (500g en-dessous -> trop mince, 500g au-dessus -> oups on arrête les desserts pendant quelques jours – je me pèse environ 2 fois par semaine à présent pour contrôler tout ça) …

Je suis par contre très gourmande, alors ma méthode est simple : j’alterne les jours où je mange très peu (en calories hein, parce qu’en quantité de légumes pas de souci lol), et les jours où je me fais bien plaisir, à base de viennoiseries, pain-fromage ou plat de pâtes préparées par Lui, et gâteaux achetés ou maison (j’adore faire de la pâtisserie).

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Sur le papier, c’est très simple, en réalité, dans ma tête, c’est un peu plus compliqué, je ne mange que rarement de façon « détachée », je ne peux m’empêcher de compter quasiment tout le temps les calories ingérées … Je pense que si « anorexique » signifie « ne vouloir absolument pas prendre du poids et utiliser tel ou tel moyen pour ce faire, et être fort contrarié quand quelques kilos (voire centaines de grammes) apparaissent », alors ce terme s’applique à moi … Et qu’importe après tout ? Ce n’est qu’une étiquette (quand évidemment on ne met pas sa santé en danger !), mais c’est comme ça : j’aime être mince et je souhaite le rester.

Evidemment, quand mes cycles ne sont pas réapparus à l’arrêt de la pilule (moins d’un an après mon « régime » donc) et avec les premières consultations, le doute s’est installé : est-ce que c’était à cause de cette perte de poids plutôt rapide ? Lors de ma première consultation avec Dr D., il m’a assuré que non, que j’étais OPK depuis toujours et que je n’avais surement jamais ovulé de ma vie … Pourtant, lorsque j’ai eu mes premières règles à 12 ans et jusqu’à la prise de la pilule à 16 ans, j’étais réglée sur 28 jours, mieux que du papier à musique …

Sur le coup, cela m’avait rassurée, ce n’était pas de « ma faute » … Mais maintenant, avec le recul, je me dis qu’il avait voulu justement éviter toute possibilité de culpabilité, et je sais au fond de moi que oui c’est surement à cause de ça … En outre, je me demandais « peut-être ça ne marche pas car je ne veux absolument pas prendre de poids, ce qui est inhérent à toute grossesse ? » … Mais pourtant, jamais pendant le parcours PMA je n’ai désiré reprendre ce poids perdu, cela peut peut-être choquer, mais je me sentais si bien dans mon corps que je me disais que c’était tout de même le plus important pour faire un bébé, non ?

Dans notre parcours, il y a eu deux échecs consécutifs très difficiles : le dernier de stim simple, car j’avais pris de l’utro-copain pour la première fois et j’avais des symptômes qui nous y a fait croire très très fort, et la première IAC … Ce sont les deux seules fois où j’avais quelques kilos de plus à la fin, parce que justement j’avais essayé de lâcher prise pendant les DPO et je ne m’étais pas pesée … Franchement ? C’était bien pire, car en plus de l’échec, il a fallu que je fasse attention quelques semaines pour perdre ces kilos, et pour une grande gourmande comme moi c’est très dur lol. Donc je vous laisse imaginer mon moral pendant ces deux périodes … Heureusement entre les deux tentatives il y a eu 15 jours de vacances aux Etats-Unis qui nous ont fait un bien fou (et d’où je suis revenue à mon poids « ok », malgré les burgers, tellement nous avons marché).

Et la tentative d’après fut la bonne, après un excellent été que je vous racontais ici, et des DPO où j’ai agi « normalement » : pesées régulières et alternance de jours plaisir et de jours diète. Evidemment, lorsque j’ai appris ma grossesse, j’étais à mon poids « ok » voire un peu plus bas … Alors qu’en conclure ? Qu’il vaut mieux être bien dans son corps même si cela signifie contrôler méticuleusement son alimentation ?

Pendant ma grossesse, je mentirais si je disais que j’ai été tout à fait détachée par rapport à ma prise de poids … J’étais évidemment ravie de prendre car j’étais enfin enceinte, mais je ne pouvais m’empêcher de penser à l’après … En fait, j’ai gardé le même mode de fonctionnement, alternance de plaisir / diète, sauf les trois premiers mois où j’ai eu des nausées constantes, et où donc il fallait que je mange souvent mais en plus petites quantités (et plutôt des féculents que des haricots vers lol) … J’ai pris rapidement au début, jusqu’au cinquième mois je crois, et puis il y a eu un long moment où j’ai stagné, H. grossissait en pompant dans les réserves acquises au début, donc mon ventre s’arrondissait mais je perdais d’ailleurs … +9 kilos au total (bon avec un mois offert vu qu’il est né à 37SA), ce qui est plutôt peu pour mon IMC (qui est considéré comme normal je tiens à le préciser, mais bas).

Après la naissance, au retour à la maison, il restait 3 kilos … Rien du tout n’est-ce-pas ? Et bien là je me sens un peu honteuse tout de même en vous avouant que ces trois kilos m’en ont fait versé des larmes … Pourtant, nous avions enfin notre amour de H., et moi je pleurais pour trois pauvres kilos ? On va mettre cela sur le compte des hormones lol …

Au bout de deux mois et demi, j’ai pris le taureau par les cornes, en vacances chez mes parents, j’ai suivi sans aucun écart un régime très basses calories, j’ai couru et marché avec mon père, et en même pas trois semaines j’étais revenue à mon poids « ok ». Et depuis mon poids n’a quasiment plus bougé …

Mercredi dernier quand nous avons compris que ce n’était encore pas pour ce mois-ci, je me suis vaguement consolée en me disant que j’allais pouvoir remettre mes slims adorés quelques temps au début de l’automne (oui désolée j’habite vraiment dans le sud, et nous sommes toujours en short/jupe courte) …

Mais franchement, je suis prête à nouveau, promis, ils viennent quand ils veulent les kilos de grossesse, je les accueille avec plaisir ! 😉

Et de votre côté, croyez-vous que votre rapport à la nourriture joue un rôle dans votre parcours ?

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5 réflexions sur “La gourmande, l’anorexique et moi

  1. Effectivement, j’aurais pu écrire la même chose que toi! C’est dingue comme ça fait du bien de se sentir moins seule dans cette situation!! Moi non plus je ne vise pas l’anorexie mais le corps parfait; la maitrise, toujours la maitrise!!

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  2. Hum, je me retrouve aussi dans tes propos! Et c’est « marrant » parce que nous avons un parcours similaire… De là à penser que le fait d’être trop dans le contrôle (et notamment celui du poids) favorise les opk et l’anovulation… 😉
    Pendant ma fiv l’an dernier j’ai commencé un travail de lâcher-prise et je crois bien que ça a marché, je pense avoir ovulé 2 fois entre la ponction et le 2ème tec qui m’a donné ma petite belette 🙂
    J’ai tjs 4 kgs de trop par rapport à mon poids « idéal » en revanche (la belette a 6 mois) mais fort heureusement ça me stresse bcp moins qu’avant ! Et je me trouve soulagée d’un poids depuis que je suis plus dans le lâcher-prise (en général). Mais c’est pas facile …

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